Méthode canonique

Segmentation par besoins : regrouper les clients selon ce qui reste mal servi

Ce qu’il faut établir

Une analyse utile laisse ses contrôles visibles.

  1. 01

    Formuler les besoins comme des résultats attendus dans une situation d’usage, sans nommer de solution ni de produit.

  2. 02

    Faire noter par chaque répondant l’importance et la satisfaction de chaque résultat, sur la même échelle, avec un échantillon daté.

  3. 03

    Ne garder un segment que si ses écarts diffèrent nettement des autres, s’il se retrouve sur un second échantillon et si des signes observables permettent de l’atteindre.

RÉSULTAT OBTENU

Une carte des segments par besoins, avec pour chacun les résultats mal servis, leur écart, sa taille estimée, ses signes de reconnaissance et la stratégie qu’il appellerait.

Repère de décision

Rendre le prochain choix plus explicite.

DÉCISION SOUTENUE

Quels groupes de clients partagent les mêmes besoins importants et mal servis, et lesquels justifient une offre ou une stratégie distincte ?

LIVRABLE À CONSERVER

Une carte des segments par besoins, avec pour chacun les résultats mal servis, leur écart, sa taille estimée, ses signes de reconnaissance et la stratégie qu’il appellerait.

PROCHAIN ÉLÉMENT À INSTRUIRE

CritèresApprofondir →

Recenser des résultats, pas des solutions

Interrogés sur ce qu’ils veulent, les clients décrivent des solutions qu’ils connaissent déjà : une fonction de plus, un prix plus bas, un délai plus court chez le fournisseur actuel. La segmentation par besoins pose une autre question : dans telle situation d’usage, quel résultat cherchez-vous à obtenir ? Chaque résultat s’écrit en une phrase, avec un sens mesurable et sans nom de produit : réduire le temps d’arrêt d’une ligne lors d’une panne, savoir avant de commander si la pièce est disponible, limiter le risque d’erreur lors de la saisie. La liste se construit en entretiens, auprès de clients, de clients des concurrents et de non-clients qui se débrouillent autrement, jusqu’à ce que les nouveaux entretiens n’apportent plus de résultat nouveau. Elle compte en général quelques dizaines de lignes. Ce travail a un intérêt qui dépasse la segmentation : il décrit le marché dans la langue du client, et il reste valable quand les solutions changent.

  • Situation d’usage
  • Résultat attendu
  • Aucun nom de produit
  • Entretiens jusqu’à saturation

Mesurer l’écart, puis regrouper les clients

Chaque répondant note, de 1 à 10, l’importance de chaque résultat et sa satisfaction avec la manière dont il l’obtient aujourd’hui. L’écart est l’importance moins la satisfaction, compté seulement quand il est positif. Par convention, un résultat est mal servi pour un répondant quand son importance atteint 7 et son écart 3 ; ces seuils se discutent, mais ils sont fixés avant de regarder les données. On regroupe ensuite les répondants dont les profils d’écarts se ressemblent. La moyenne de marché est ici trompeuse. Exemple simulé, pour le résultat savoir avant de commander si la pièce est disponible : l’échantillon donne une importance moyenne de 7,4 et une satisfaction de 6,1, soit un écart de 1,3, qui semble anodin. Mais un groupe de 35 % des répondants note 9,2 et 4,0, soit un écart de 5,2, tandis que les 65 % restants notent 6,4 et 7,2 et ne manquent de rien. La moyenne cache un besoin criant pour un tiers du marché : c’est ce groupe, pas le marché moyen, qui définit un segment.

  • Importance et satisfaction
  • Écart positif
  • Seuils fixés avant
  • Profils d’écarts

Garder un segment seulement s’il sert une décision

Un regroupement statistique n’est pas encore un segment. Quatre tests le qualifient. Il doit être distinct : ses résultats mal servis diffèrent nettement de ceux des autres groupes. Il doit être stable : on le retrouve sur un second échantillon ou à une autre période. Il doit être accessible : comme les besoins ne figurent dans aucun fichier, il faut des signes observables qui permettent de reconnaître ses membres, par exemple la taille du site, la situation d’usage ou le canal d’achat. Il doit enfin être assez grand pour mériter une réponse propre. Un segment qui passe ces tests appelle une stratégie différente : mieux servir ses résultats mal servis par une offre nouvelle, simplifier et alléger l’offre pour un groupe que l’on sert au-delà de ce qu’il demande, ou décider de ne pas le servir. Son attractivité et sa priorité se jugent ensuite, avec les pages qui leur sont consacrées. La carte se mesure à nouveau quand une offre, la sienne ou celle d’un concurrent, change la satisfaction d’un groupe.

  • Distinct
  • Stable
  • Accessible
  • Assez grand

ACTIF DÉCISIONNEL

Carte des segments par besoins

Chaque segment candidat est décrit par les résultats qu’il juge importants et mal servis, puis qualifié : distinct, stable, accessible et assez grand.

Résultats

Entrée
Entretiens en situation d’usage
Contrôle
Résultat ou solution ?
Sortie
Liste des résultats

Notes

Entrée
Importance et satisfaction
Contrôle
Échantillon daté et suffisant ?
Sortie
Écart par répondant

Groupes

Entrée
Profils d’écarts
Contrôle
Distincts et stables ?
Sortie
Segments candidats

Accès

Entrée
Signes observables
Contrôle
Peut-on les retrouver ?
Sortie
Segment retenu
Décision permise

Retenir, fusionner ou écarter chaque segment candidat, et nommer la stratégie qu’il appelle.

Garde-fou

Aucun segment sur une moyenne de marché : un écart moyen faible peut cacher un groupe mal servi. Un segment introuvable dans le marché n’est pas retenu.

Ressources

Reprendre la méthode et contrôler ses fondations.

Télécharger la carte des segments par besoins

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Construire une segmentation qui permet de choisir

Construire ma segmentation ↗

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